Lundi 14 février 2011 1 14 /02 /Fév /2011 14:34

 

    «La mort n’est jamais la fin d’une histoire »

En faisant le choix d’adapter l’œuvre théâtrale de Wajdi Mouawad, Denis Villeneuve raconte, pour son cinquième film, une histoire qui détient la puissance d’une tragédie antique et la force brute d'un documentaire de guerre. Le tout, servi par un art de la narration que l’on ne rencontre pas si souvent que cela au cinéma.

Drame antique d’abord puisque le film puise sa profondeur dans la mythologie. On y retrouve effectivement des personnages soumis à des forces qui les dépassent, au cœur d’un destin exceptionnel, perdus dans un brouillage des générations propre aux mythes, comme chez Œdipe par exemple qui veut épouser sa mère. Les jumeaux, personnages principaux joués par Maxim Gaudette et Mélissa Desormeaux-Poulin se lancent dans une longue quête initiatique afin de démêler le mystère de leur origine. Ils remontent aux sources de leur passé familial, dans un pays en guerre où les destins, comme un sinistre jeu de hasard, s’abattent au gré d’un arbitraire terrifiant. Dès les premières images, Incendies porte en lui une tension dramatique qui ne peut que saisir le spectateur : lenteur des plans, silences pesants, zooms lents et majestueux sur les visages. Villeneuve insuffle à son film un art de la narration proche de la littérature. Sa caméra scrute les traits angoissés des personnages dans la peine ; des plans volontairement lents et fixes qui permettent au spectateur de laisser toute sa place au symbolique. Le brio du montage, parsemé de flash-backs et structuré en épisodes par des titres, renforce l’idée d’un voyage intérieur où les personnages évoluent comme dans un labyrinthe.

Le documentaire – un reportage de guerre - représente le second aspect du film. Le réalisateur est issu du monde de la pub et ne peut le cacher longtemps: les images, souvent très pures, sont murement réfléchies et travaillées. L’utilisation discrète et habile de la musique, utilisée elle aussi comme ressort dramatique, vient renforcer la description terrifiante de ce pays en guerre, pays du Moyen-Orient jamais nommé mais dont on peut supposer qu’il s’agit du Liban. La partie tournée au Moyen-Orient présente un esthétisme de toute beauté par opposition à la partie quebecoise, grise et sale. En témoignent par exemple ces nombreux plans d’immeubles délabrés, plongés dans la grisaille, décrivant un monde sans espoir. Le film perd en puissance lorsqu’il se rapproche d’un style à la « Reporter sans frontières », au détriment de l’émotion et de l’attachement aux personnages. Il arrive en effet que le récit manque de ce petit supplément d’âme, presque  d'humanité pourrait-on dire. Incendies montre une violence barbare au cœur du Moyen-Orient où des personnages ivres de prières et de religion plongent le pays dans un chaos

L’association à l’écran de ces deux genres, la tragédie et le documentaire, constitue donc la faiblesse du film qui peine à trouver une unité de style et parfois se perd. Cela n’empêche pourtant pas Denis Villeneuve de relever le défi avec une oeuvre qui touche à l’intime. L’origine, la vérité, la mort, la transmission sont les thèmes clefs de cette histoire qui renvoie chacun au cœur de sa propre existence. Incendies évoque l’épreuve du feu. Pas seulement le feu de la guerre, pas seulement celui de notre histoire avec ses passions, celui également de l’au-delà de nos vies où un avenir reste possible. C’est certainement de ce feu là dont parle le notaire, qui, connaissant bien l’histoire de la défunte, rappelle à ses deux enfants une vérité universelle : « La mort n’est jamais la fin d’une histoire. »

                                                  Maxim Gaudette et Mélissa D.-Poulin, les jumeaux

                                                                            Nawal, vient de plonger en enfer...

 



Par garabam - Publié dans : FILMS
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Jeudi 22 juillet 2010 4 22 /07 /Juil /2010 17:16

AMERICAN DREAMS

Issu de l’imagination de Christopher Nolan, auteur notamment  de Memento et de Batman begins,  Inception avance comme film hybride et torturé, à l’image de ses tout premiers plans qui montrent une mer agitée et un personnage échoué sur la rive. Le film semble résulter d’un drôle de mélange des genres, comme situé au carrefour de Solaris (Tarkovski et Soderbergh),  d’Existenz  (Cronemberg) et de Matrix (les frères Wachowski) auxquels on aurait rajouté une petite pincée de James Bond agrémenté d’une pointe de film d’arts martiaux.  Inception, derrière un habillage commercial attirant, brille en effet davantage par son envie de grandeur visuelle voire sa prétention cinématographique que par la pertinence de son propos.

Le film ne manque pourtant pas de moyens : une pléiade d’acteurs impressionnante,  Hans Zimmer pour la musique, une belle photographie et des procédés de tournage à la pointe de la technologie - Inception sort en IMAX dans certaines salles équipées, un procédé de projection de plus en plus répandu qui vaut le détour) - ainsi que des effets spéciaux exceptionnels. Côté acteurs, le contrat est rempli : Di Caprio confirme une fois encore son talent entouré de nombreux seconds rôles auxquels le scénario a fait la part belle. L’image, sophistiquée et travaillée,  évoque un monde désespéré et désenchanté, tel qu’il existait déjà dans The Dark Knight, le chevalier noir,  précédente réalisation de Nolan.  L’intérêt principal du film reste essentiellement visuel, présentant de beaux passages où le cinéaste crée des univers surréalistes et oniriques dans lesquels on retrouve parfois l’esprit du « film noir ». Ralentis séduisants et ostentatoires, gros plans accrocheurs, le metteur en scène filme dans l’excès, à la recherche de l’intensité et de la démesure. On aime parfois. En revanche, difficile de suivre Nolan dans ses scènes d’action filmées caméra à la main durant lesquelles il est presque impossible de suivre le déroulé des événements. Difficile également de s’intéresser  à son scénario et à un montage d’une complexité incroyable qui demanderaient quatre visionnages avant d’en comprendre le sens. Difficile enfin de ne pas s’exaspérer de la musique d’Hans Zimmer omniprésente, tapageuse et assourdissante qui finit par passablement irriter le spectateur.

Cette sorte de grand opéra surnaturel et outrancier, ne permet à aucun moment à la question essentielle  d’émerger : celle de la différenciation entre le monde de l’illusion, des rêves et celui de la réalité. La vieille question de Descartes, (« quand je suis éveillé qu’est-ce qui me prouve que je ne suis pas entrain de rêver ? »), est tout juste effleurée par un film préoccupé par sa richesse formelle et son soucis d’en mettre plein la vue. Le cogito de Descartes est ici largement minoré au profit d’un monde d’impression et d’émotions. Dans Solaris, Tarkoski puis Soderbergh, se demandaient comment les souvenirs et les rêves pouvaient être un chemin d’immortalité et de renaissance. Ces grands films abordaient la question de la mémoire de l’autre  et de sa vie au-delà de sa mort. Dans Inception,  les voyages dans les rêves et le subconscient, servent un scénario axé principalement sur des enjeux économiques et financiers, à l’exception de la relation entre Cobb et Mall, sa femme décédée. Le film parvient très difficilement à prendre un peu de profondeur et d’épaisseur spirituelle. L’univers onirique devient prétexte pour laisser place à un déchaînement  d’hyper violence qui, face au puritanisme américain et aux codes de censure, trouve dans le contexte des rêves sa  justification. Inception, malgré  son aspect formel séduisant, ne peut donc pas dissimuler longtemps sa fascination aliénante pour les grands thèmes du cinéma américain : le pouvoir, la violence, la puissance économique. 



Par garabam - Publié dans : FILMS
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Dimanche 24 mai 2009 7 24 /05 /Mai /2009 22:03

La fin du Festival se profile. L’heure des palmarès approche ... Le Prix œcuménique 2009 a lui déjà été remis hier après-midi samedi 23 mai. L’équipe des jurés le donne au film de Ken Loach, Looking for Eric. Le réalisateur anglais, bien connu de ce jury - il avait déjà obtenu le prix en 1995 avec Land and freedom-  succède donc de façon assez prévisible à Atom Egoyan qui  remportait cette récompense l’année dernière avec Adoration. Un choix dont on se doutait mais au demeurant tout à fait justifié. Looking for Eric a dominé une sélection assez décevante, marquée par des films noirs et violents. Parmi les spécificités de 2009, le jury a ajouté une mention spéciale au film de Michael Haneke, Das Weisser Band  (Le Ruban blanc). Haneke est lui aussi un habitué de ce prix puisqu’il avait remporté avec Caché en 2005. 

Cette année, le débat du Jury Œcuménique s’est révélé passionnant, deux films ayant attiré tout spécialement son attention. Il a été très difficile pour les jurés de les départager. Deux cinéastes de grande valeur, deux œuvres au traitement très différent les ont interpellés et interrogés longuement. En raison des critères très spécifiques de ce  prix, Radu Mihaileanu, président du jury et l’ensemble des jurés ont finalement décidé de décerner le prix au film de Ken Loach « pour sa grande qualité artistique et son approche humoristique, optimiste et humaniste de la société contemporaine en pleines crises. Le film exalte des valeurs mises à mal de nos jours comme l’amitié, la solidarité, le sens de la famille, le dialogue tant intérieur que tourné vers l’autre. Ce que résume une éloquente réplique du mythique Cantona : « La plus belle action dont je me souviens n’est pas un but, mais une passe ».

Une mention spéciale a été décernée au film « Das Weisse Band » de Michael Haneke, œuvre profonde d’une magnifique rigueur formelle et cinématographique qui  a  bouleversé le jury. Ce film nous incitant à la plus grande vigilance devant les symptômes de notre violence personnelle qui creuse aussi le lit de la violence sociale et politique.

Demain c’est le grand jour du palmarès. Qui aura les honneurs de la Palme d’Or cette fois-çi ? Les films présentés ont été inégaux et globalement décevants, au regard par exemple des films du 61ème festival. Ça et là de nombreux journalistes soulignent le caractère particulièrement imprévisible du palmarès de cette année. Ceux qui se risquent à faire des pronostics le font avec prudence. Autre dimension largement soulignée : le caractère violent et cruel de nombreuses œuvres, reflet d’un monde angoissé.

Une violence particulièrement présente dans le film de Lars van Trier et qui a poussé le jury à ajouter un commentaire audacieux lors de la cérémonie de remise de ce prix discret mais dont on est toujours très curieux de connaître le résultat. « En dehors du rôle stricto-sensu du jury œcuménique, les jurés, à titre individuel et solidaire, ont en effet décidé d’accorder un anti-prix au film « Antichrist » de Lars Von Trier. Nous avons considéré de notre devoir d’honorer le film le plus misogyne du «plus grand cinéaste du monde». Le réalisateur suggère finement que la femme doit être brûlée sur le bûcher pour sauver le monde et que l’homme puisse enfin se mettre debout. Il crée pour finir la femme nouvelle – on se rappelle du célèbre «homme nouveau» - femme sans visage, sans personnalité ». Merci à eux et à Radu Mihaileanu pour le travail accompli et pour leur audace. Rendez-vous maintenant en 2010 !

                Looking for Eric de Ken Loach,

                                                      prix du jury oecuménique 2009                                     

                                                                             Michael Haneke

                                                     reçoit une mention spéciale du jury pour son Ruban blanc

     

                                                                          Photo du film Le ruban blanc

                                                     Antichrist, l'antiprix du jury oecuménique



Par garabam - Publié dans : AU-DELA DE L'ECRAN
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Vendredi 22 mai 2009 5 22 /05 /Mai /2009 20:02



Lorsqu’on lui demande son avis sur la compétition de cette année, Maurice parle d’un cru où les grands réalisateurs montrent ce qu’ils savent faire. Ceux qui prennent des risques, selon lui, échouent un peu. Lui donnerait plutôt la palme aux actrices qui font d’excellentes performances cette année.

Voilà plus de 10 ans que Maurice alias Moland Fengkov vient au festival en free lance. Le regard déterminé, les paroles nettes et nerveuses laissent deviner que notre festivalier a comme on dit «roulé sa bosse» et maîtrise le sujet. D’origine vietnamienne, il est né au Laos et habite en France depuis l’âge de deux ans. Il fait partie des habitués du festival où il vient comme journaliste critique de cinéma et photographe. Avoir deux cordes à son arc est très utile et multiplie les chances de se faire repérer. Maurice écrit pour un site web franco-américain, Plume noire, créé par un expatrié français installé à Los Angeles. Côté photo, il travaille cette année pour le site Internet de France Inter. « ça s’est passé par hasard, quelqu’un de chez eux a vu sur Internet une de mes photos. ça leur a plu et ils m’ont appelé en me demandant si j’acceptais gracieusement qu’ils mettent en ligne chaque jour une de mes prises de vue pour leur  photo du jour. Bien entendu j’ai accepté avec plaisir !». Ses journées sont rythmées par les projections, le suivi de toutes les conférences de presse puis par la rédaction de textes et la publication des photos, sans oublier le blog qu’il tient régulièrement à jour. De quoi remplir la journée jusque tard le soir…

A Paris, Maurice vient de terminer une mission de journaliste municipal pour la ville de Fontenay-aux-Roses. Comme beaucoup ici, le festival représente pour lui une bouffée d’air, une parenthèse enchantée malgré le stress et le travail que cela implique et l’investissement qu’il y met. Chaque année son travail prend de la maturité. Et qui sait ? Cannes pourrait peut-être devenir un tremplin professionnel.

Pas si simple… Tout de suite il a été frappé par un système qu’il qualifie lui-même de castes où il existe une certaine violence sociale. « Ici, nous journalistes, sommes soumis à des règles de procédures strictes. Les festivaliers se divisent en plusieurs catégories. Nous n’avons pas tous accès aux mêmes privilèges et aux mêmes entrées, selon que l’on soit accrédité jaune, bleu, rose, etc. Les relations entre nous sont donc, pour une bonne part, déterminées par les types d’accréditions. Finalement on retrouve au festival  les mêmes différences sociales que dans la société de tous les jours où il y a ceux qui sont en bas de l’échelle avec des accès restreints, et ceux, haut placés,  qui ont leur entrée dans le monde ! »

Ce regard intelligent parce que lucide sur le monde du cinéma ne l’empêche pourtant pas de revenir avec un grand plaisir chaque année. En acceptant de jouer le jeu, beaucoup d’ouvertures restent possibles, si on est débrouillard et audacieux. Certes il faut gérer beaucoup de stress tout au long du festival mais d’année en année c’est toujours le même plaisir de revenir. Envie de découvrir les films et de travailler pour les commandes qu’on lui fait. La curiosité est toujours là, avec cette envie d’être surpris. « J’aimerais beaucoup développer mon métier de photographe pour continuer à capter cet univers si particulier de Cannes, avec ses mondanités et ses règles. J’arrive petit à petit à associer mon gagne pain et ma passion pour le ciné. Je ne troquerai ma place pour rien au monde. C’est formidable d’être à ce carrefour mondial où toutes les cultures se brassent dans un si petit périmètre ». Le journaliste pointe ici une des très grandes richesses du festival de Cannes, parfois mis au second plan par les stars et le glamour : la dimension interculturelle et internationale. Il met l’accent sur cette caractéristique du festival et parle en connaissance de cause. Avec le métier et le parcours qu’il a, on peut le croire sur parole…


Un aperçu en image du travail de Maurice Virivau.

 

Retrouvez plus de photos sur son blog Moland.Fengkov







Martin Scorsese


Quentin Tarantino


Brad Pitt


Mélanie Laurent


Pedro Almodovar


Charlotte Gainsbourg


Eric Cantona




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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /Mai /2009 22:11


Les stagiaires du jury oecuménique 2009 pris en photo par Daniel Beguin
(Retrouvez plus de photos sur le site officiel du jury)

Depuis deux ans, l’équipe organisatrice du prix chrétien du cinéma accueille des stagiaires. Cette année quatre petits veinards, d’une vingtaine d’année chacun, ont eu la chance de débarquer au festival de Cannes pour découvrir les films et participer à l’animation du jury œcuménique.

 

Thomas, Cindy, Carol et Solveig sont étudiants à la catho de Lyon. Elèves de Michèle Debidour, enseignante et auteur du livre Le cinéma, une invitation à la spiritualité, ils ont été choisis pour partir à Cannes. Pourquoi eux ? Le choix des élèves s’est fait en fonction de leurs notes d’examens et de leur motivation à suivre un tel projet. Tous les quatre se passionnent pour le septième art. En lien avec Louisiane et Viviane, ils effectuent des permanences sur le stand du jury situé dans le marché du film. En dehors de ces créneaux, ils y animent à tour de rôle un rendez-vous de cinéphiles appelé « Au fil des films ». Chacun travaille sur un réalisateur, ancien primé du jury œcuménique, et propose au tout venant une demi-heure de présentation: aujourd’hui Pedro Almodovar qui reçut le prix pour Tout sur ma mère en 1999. « C’est vraiment une chance d’être ici, voir autant de films en si peu de temps, aller aux conférences de presse, c’est magique ! », expliquent Cindy et Thomas avec le sourire jusqu’aux oreilles. Carol, elle, porte un regard différent. Elle apprécie moins l’ambiance parfois superficielle. «Je ne vois pas l’utilité de se montrer autant, de devoir s’habiller avec des codes si précis quand on monte les marches, tout cela me paraît très formel… ». Elle préfère plutôt se concentrer sur les films. Carol évoque avec passion l’impact de certains films, Antichrist par exemple. «Ce film m’a beaucoup marqué. Il est très violent mais en même temps, il amène beaucoup à réfléchir. J’ai essayé de comprendre ce que le réalisateur a voulu dire, le travail de deuil, l’expérience psychologique que cela représente, jusqu’où ça peut aller. Ce film m’a incité à me retrouver dans ma propre histoire ». Thomas, l’œil pétillant, parle de Cannes et de ses contrastes. « L’autre soir en quittant le palais j’ai vu un couple habillé en tenue de soirée qui rentrait chez lui et montait dans une voiture miteuse ! On se rend compte qu’ici on se donne à voir sous son meilleur jour mais à minuit le carrosse se transforme en citrouille !». Cindy garde en mémoire le souvenir de la projection de Jaffa réalisé par Keren Yedaya, un long métrage de la catégorie «Un certain regard», en présence de l’équipe du film. « Après le générique de fin, le comédien et le réalisateur se sont levés, on était tous autour d’eux à les applaudir, on les sentait très émus, c’était vraiment un moment inoubliable d’être là avec eux dans la salle ».

 

Thomas, Cindy, Carol et Solveig ne savaient pas qu’il existait un prix chrétien à Cannes. Ils trouvent étonnant et intéressant que dans un festival comme celui-ci on puisse avoir un tel regard sur la compétition. Un regard qu’ils qualifient de « décalé », porteur de sens et de culture. «  Dommage que ce prix ne soit pas plus médiatisé. Quand on en parle autour de nous dans le palais, peu de monde dans le grand public connaît ce prix ; c’est difficile pour les gens de comprendre le sens du terme œcuménique ». Avec leur regard neuf, les quatre étudiants de Lyon pointent beaucoup de sujets intéressants. En tous les cas, tous les quatre sont aux anges d’être ici. «L’équipe du jury œcuménique nous a fait un accueil formidable dès le premier jour. On sent une ambiance chaleureuse et dynamique. Cela fait plaisir de constater qu’on nous ménage et qu’on est indulgent avec nous !». De fait la priorité numéro un, c’est d’enrichir sa culture cinématographique et profiter au maximum de ces journées remplies de nouvelles rencontres.

 

Nos stagiaires engrangent donc les souvenirs, gardent des images pour longtemps, y compris pour les projets qui les attendent. Cindy voudrait entrer à l’école d’art et culture de Lyon et pouvoir créer elle-même. Carol envisage de faire un master de philosophie de l’art et veut continuer à étudier le cinéma, peut-être même un jour l’enseigner. Quant à Thomas, il veut s’orienter dans l’urbanisme. Il adore aussi dessiner et créer. Il projette même de faire un film d’animation. «J’ai déjà construit des figurines en pâte à modeler et prévu un scénario écrit. Je vais bientôt passer à la phase des prises de vue image par image». On leur souhaite à tous bonne route !




Par garabam - Publié dans : AU-DELA DE L'ECRAN
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